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Réussir son projet MaaS : au‑delà de l’application, un enjeu d’architecture et de maîtrise

Article orchestration MaaS - Visuel

Sommaire

  1. Plateforme numérique de mobilité MaaS : architecture, enjeux et orchestration
  2. Le MaaS comme socle stratégique : bien plus qu'un projet digital
  3. Architecture MaaS : un socle unique pour des interfaces multiples (Web, Mobile, App)
  4. Orchestration technique : synchroniser SAEIV, billettique et services partenaires
  5. Intégration des services tiers : vélos, covoiturage et micro-mobilité
  6. Gouvernance des données : de la règle numérique à l’arbitrage public
  7. Choisir sa trajectoire MaaS 
  8. La plateforme MaaS comme actif public numérique
  9. FAQ

Plateforme numérique de mobilité MaaS : architecture, enjeux et orchestration

La Plateforme numérique de mobilité MaaS (Mobility as a Service) ne se limite pas à une simple application mobile. En 2026, elle représente le cadre structurant de l'écosystème de transport d'un territoire, unifiant tram, métro, bus, vélos, trains et services partagés au sein d'une interface unique. 

En pratique, cette plateforme s’incarne à travers des applications mobiles, des services web, parfois des dispositifs conversationnels ou embarqués. Sa valeur repose sur la capacité à structurer un écosystème numérique unifié, capable de relier systèmes d’exploitation, services tiers, règles publiques et usages réels.

Alors que le marché européen du MaaS atteint une phase de maturité avec une croissance projetée à plus de 35 % d’ici 2033*, cette approche plateforme devient déterminante.

Le MaaS comme socle stratégique : bien plus qu'un projet digital

Mettre en place une plateforme MaaS engage durablement l’organisation numérique d’un territoire.

Ce choix ne porte pas uniquement sur un produit, mais sur :

  • la capacité du système d’information mobilité à rester interopérable (SAEIV, billettique, référentiels, API partenaires) ;

  • la gestion du temps réel et la résilience en situation dégradée ;

  • la maîtrise publique des données, des règles métier et des arbitrages ;

  • la cohérence des parcours entre web, mobile et autres interfaces ;

  • l’aptitude à intégrer de nouveaux partenaires ou à s’étendre à des périmètres régionaux (SERM) sans rupture technique.

À ce niveau, le MaaS devient un levier d’organisation et de pilotage, au même titre que les infrastructures ou les outils d’exploitation.

Architecture MaaS : un socle unique pour des interfaces multiples (Web, Mobile, App)

Une plateforme numérique de mobilité MaaS se caractérise par sa capacité à dissocier le socle fonctionnel et technique des interfaces qui le rendent visible. Applications mobiles, sites web, bornes ou outils internes ne sont que des expressions différentes d’un même cœur de plateforme.

Cette dissociation permet d’éviter un écueil fréquent : la multiplication d’outils numériques qui évoluent chacun à leur rythme, au prix d’incohérences fonctionnelles, de redondances techniques et de ruptures d’expérience.

À l’inverse, une approche plateforme favorise la mutualisation des règles métiers, la cohérence des parcours et l’évolution progressive de chaque canal.

Expérience usager : simplifier la complexité de l'intermodalité

Les systèmes de mobilité sont complexes par nature. Ils combinent des réseaux, des modes, des opérateurs, des règles tarifaires et des outils d’exploitation qui se sont construits dans le temps. La plateforme MaaS n’a pas vocation à masquer cette complexité, mais à la rendre exploitable pour l’usager.

Défragmenter l’expérience numérique consiste à relier des étapes historiquement disjointes : s’informer, comprendre ses options, décider, agir, puis ajuster son trajet en fonction du contexte. Cette continuité repose autant sur des choix de conception produit que sur la manière dont les données et les services sont orchestrés en arrière-plan.

À l’échelle d’un grand réseau ou d’un territoire régional, cette défragmentation devient un facteur clé d’adoption. Elle conditionne la capacité des usagers à faire confiance à la plateforme comme point d’entrée unique, y compris lorsque la situation s’écarte du nominal (perturbations, correspondances ratées, services indisponibles).

Orchestration technique : synchroniser SAEIV, billettique et services partenaires

Relier l’exploitation aux interfaces numériques

Au cœur d’une plateforme numérique de mobilité MaaS se trouve une problématique centrale : relier l’exploitation du réseau au monde numérique, en temps réel.

Les systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information voyageurs (SAEIV), la billettique, les référentiels, les outils de supervision, les systèmes de contrôle et les services tiers produisent des flux de données hétérogènes, conçus à des rythmes et avec des logiques différentes.

L’orchestration technique consiste à synchroniser ces flux temps réel pour produire une information cohérente, contextualisée et actionnable, accessible depuis l’ensemble des interfaces numériques web comme mobile. Cette capacité d’orchestration est critique pour garantir la continuité du voyage, notamment en situation dégradée : perturbations, incidents d’exploitation, pics de charge ou indisponibilité de certains services.

Dans les environnements que nous opérons, comme à Bordeaux ou Lille, cela représente des volumes industriels, plus de 212 millions de requêtes API mensuelles dans certains cas, avec des mécanismes de supervision continus sur les flux, les dépendances et les performances.

Ces plateformes sont exploitées avec des engagements de service formalisés et des niveaux de disponibilité mesurés, atteignant par exemple 99,98 % de sessions sans incident. À cette échelle, la gestion des latences, des dégradations partielles et des dépendances partenaires devient aussi stratégique que le développement fonctionnel lui-même.

La plateforme fonctionne alors comme un système critique, soumis aux mêmes exigences de résilience, de supervision et de continuité opérationnelle que les outils cœur du transport public.

Backend For Frontend (BFF) : organiser les API pour stabiliser l’expérience et garantir la réversibilité

Une fois les systèmes interconnectés, se pose une seconde question : comment éviter que chaque évolution du système d’information (billettique, SAEIV, partenaire tiers…) ne fragilise les interfaces web et mobiles ?

C’est précisément le rôle du Backend For Frontend (BFF).

Le BFF est une couche intermédiaire d’architecture placée entre les systèmes internes et les interfaces utilisateurs.

Concrètement, il :

  • centralise les appels aux différentes API métier (SAEIV, billettique, partenaires) ;

  • agrège et transforme les données techniques en objets cohérents côté produit ;

  • expose aux applications web et mobiles des interfaces stables, adaptées à leurs besoins spécifiques.

Autrement dit, les interfaces numériques ne dialoguent pas directement avec chaque système partenaire. Elles passent par une couche d’orchestration dédiée qui protège l’expérience utilisateur de la complexité et des variations du SI.

Cette approche présente trois bénéfices majeurs dans un contexte MaaS :

  • Stabilité multi-canaux : web et mobile partagent des règles cohérentes, même si les systèmes amont évoluent.

  • Réversibilité technologique : un changement de fournisseur ou d’outil n’entraîne pas de refonte complète des interfaces.

  • Maîtrise du risque : la dépendance à un partenaire spécifique est limitée par l’existence d’une couche d’abstraction contrôlée.

Le pattern BFF est aujourd’hui largement utilisé dans les architectures microservices et multi-canaux à forte dépendance API. Dans un environnement de mobilité publique, il devient un levier de souveraineté numérique et de sécurisation des investissements à long terme.

Intégration des services tiers : vélos, covoiturage et micro-mobilité

L’intégration de services tiers, vélos en libre-service, covoiturage, parkings, services à la demande, est aujourd’hui indissociable des projets MaaS. Mais sa valeur dépend moins du nombre de services intégrés que de la qualité de leur orchestration.

Une plateforme MaaS performante assure une cohérence d’information, de parcours et de règles, quel que soit le service mobilisé. Elle gère explicitement les indisponibilités, propose des alternatives crédibles et maintient un niveau homogène de lisibilité pour l’usager.

Cette capacité d’orchestration est centrale dans les démarches de Smart City et s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM). Elle permet d’articuler innovation, intérêt général et qualité de service, sans diluer la responsabilité publique dans un empilement d’offres privées.

Gouvernance des données : de la règle numérique à l’arbitrage public

Une plateforme numérique de mobilité MaaS met en œuvre des règles : priorisation d’itinéraires, intégration de partenaires, modalités tarifaires, gestion des correspondances, traitement des perturbations.

Ces règles traduisent concrètement des orientations politiques : report modal, décarbonation, accessibilité, équité territoriale, dans l’interface et dans les parcours proposés.

La donnée d’usage permet ensuite d’observer comment ces règles sont réellement appropriées.

Les choix d’itinéraires, les abandons de parcours, les replanifications en situation perturbée révèlent les arbitrages effectifs des usagers.

La plateforme devient ainsi un point de jonction entre intention publique et comportement réel.

À l’échelle d’une métropole ou d’un territoire régional, cette capacité est déterminante. Dans le cadre des Services Express Régionaux Métropolitains (SERM), par exemple, la réussite d’une interconnexion s’observe. La plateforme permet de mesurer si les rabattements fonctionnent, si les correspondances sont adoptées ou si certaines articulations restent théoriques.

La gouvernance des données MaaS repose sur un cycle continu : formuler une règle, observer son effet, ajuster le dispositif.

C’est dans cette boucle que la plateforme devient un outil structurant de la politique publique, au plus près des usages réels.

Choisir sa trajectoire MaaS 

Face à un marché désormais riche en solutions MaaS, la question du sur-mesure se pose en termes de trajectoire plutôt que d’opposition de modèles. Certaines plateformes répondent efficacement à des périmètres standardisés, d’autres contextes nécessitent une adaptation fine aux systèmes existants et aux enjeux territoriaux.

Une plateforme MaaS sur mesure permet de composer un écosystème numérique aligné avec la réalité du territoire : SI hétérogènes, partenaires multiples, contraintes institutionnelles et ambitions de long terme. Elle favorise une évolution progressive, sans dépendre des limites fonctionnelles ou contractuelles d’un produit fermé.

Le sur-mesure, dans cette approche, ne consiste pas à réinventer chaque brique, mais à assembler des composants éprouvés dans une architecture ouverte, évolutive et gouvernée.

Nous reviendrons plus en détail sur les critères d’arbitrage dans un article dédié, tant ce choix conditionne la trajectoire numérique d’un territoire.

La plateforme MaaS comme actif public numérique

Une plateforme numérique de mobilité MaaS n'est pas une dépense logicielle, c'est un actif public stratégique. Pour garantir la souveraineté des données et l'adhésion des usagers, l'industrialisation technique doit primer sur l'empilement fonctionnel.

Avec plus de 20 ans d'expérience et un taux de fidélité client de 97 %, BeTomorrow accompagne les acteurs de la mobilité dans la conception de plateformes robustes, évolutives et durables. Nous maîtrisons l'ensemble de la chaîne : de l'architecture Backend à l'éco-conception numérique, en passant par le design d'interfaces centrées utilisateurs.

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Cet article peut également vous intéresser : Plateformes MaaS, IA, modularité : repenser la mobilité publique par le service

* Étude Global Market Insights juin 2025 - Taille du marché européen de la mobilité en tant que service (MaaS) : par service, par modèle économique, par solution, par mode de transport, par application, par besoin, par taille d'organisation, analyse, part, prévisions de croissance, 2025-2034

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QUESTIONSFRÉQUENTES

Qu’est-ce que le Mobility as a Service (MaaS) ?

Le Mobility as a Service (MaaS) est un modèle de mobilité qui regroupe, au sein d’une plateforme numérique unique, la planification, la réservation et le paiement de différents modes de transport (bus, métro, train, vélo, trottinette, covoiturage, VTC). Il permet à l’usager d’organiser l’ensemble de ses trajets via un compte unique, sans multiplier les applications ni les titres de transport.

Comment fonctionne concrètement une plateforme MaaS ?

Une plateforme MaaS agrège les données des réseaux de transport et des services tiers afin de proposer :

  • des itinéraires multimodaux en temps réel,

  • la réservation de services complémentaires (vélo, parking relais, transport à la demande),

  • un paiement intégré et centralisé.

Elle repose sur une orchestration technique capable de synchroniser des systèmes hétérogènes pour garantir la continuité du voyage.

Quelle est la différence entre mobilité classique et MaaS ?

Dans la mobilité classique, chaque mode de transport fonctionne en silo avec ses propres règles, applications et moyens de paiement.

Le MaaS adopte une logique centrée sur le parcours : l’objectif n’est plus d’acheter un ticket, mais de permettre un déplacement fluide du point A au point B, quels que soient les modes utilisés.

Quels sont les différents niveaux d’intégration du MaaS ?

On distingue généralement quatre niveaux :

  • Niveau 1 | Information : calcul d’itinéraires multimodaux.

  • Niveau 2 | Réservation : possibilité de réserver plusieurs services depuis une même interface.

  • Niveau 3 | Paiement : compte unique et facturation centralisée.

  • Niveau 4 | Service intégré : offre globale ou abonnement multimodal.

Plus le niveau est élevé, plus l’exigence d’orchestration et de gouvernance est important.

Pourquoi la confiance est un enjeu clé du MaaS

Le MaaS promet une mobilité simple et sans friction. Cette promesse repose sur :

  • la fiabilité des données temps réel,

  • la sécurisation des paiements,

  • la continuité de service,

  • une gouvernance claire des données.

À grande échelle, la confiance conditionne l’adoption et la crédibilité institutionnelle des plateformes MaaS.

Quel avenir pour le MaaS à l’horizon 2030 ?

Le MaaS évolue vers une mobilité toujours plus intégrée et personnalisée.

L’IA de contexte permettra de proposer des alternatives proactives adaptées à la situation de l’usager.

La généralisation de l’Account-Based Ticketing simplifiera l’accès au réseau avec un paiement automatique au meilleur tarif.

Le MaaS devient ainsi un outil structurant des politiques publiques de mobilité et de décarbonation.

Merci d’avoir pris le temps de lire.