
239 tonnes de CO₂ équivalent. C'est notre premier bilan carbone, sur l'année 2024. C'est aussi le point de départ d'une trajectoire qui nous engage pour plusieurs années. Voici comment nous y sommes arrivés, ce qu'on en fait, et pourquoi ça peut vous concerner.
Il y a quelques années encore, un prestataire numérique qui parlait de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) déclenchait surtout de la méfiance. Le sujet semblait réservé aux grands comptes, aux directions communication, aux rapports annuels.
Ce n'est plus tout à fait vrai.
Aujourd'hui, un nombre croissant de DSI et de directeurs métiers nous demandent, dès l'avant-vente, notre notation EcoVadis, notre politique d'achats responsables, ou simplement si nous avons réalisé un bilan carbone. La RSE est devenue un critère concret de sélection des fournisseurs, notamment dans les appels d'offres de grands comptes soumis à la directive CSRD.
Cet article n'est pas une déclaration d'intentions. C'est une tentative d'expliquer honnêtement où nous en sommes aujourd'hui, pourquoi nous avons pris cette direction, et en quoi cela peut vous concerner
Commençons par quelques données.
En France, le numérique représente 4,4 % de l'empreinte carbone nationale, soit 29,5 millions de tonnes de CO₂ équivalent par an. C'est l'estimation la plus récente publiée par l'ADEME et l'Arcep en janvier 2025, sur la base des données 2022.
Et la trajectoire pose question. Selon le volet prospectif de l'étude ADEME-Arcep, sans action de réduction, l'empreinte carbone du numérique en France pourrait augmenter d'environ 45 % entre 2020 et 2030, et tripler d'ici 2050.
À l'opposé, le 6ème rapport d'évaluation du GIEC (AR6, 2023), produit par 195 États membres, établit qu'il faut réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'environ 43 % d'ici 2030 (par rapport à 2019) pour rester sur une trajectoire compatible avec un réchauffement limité à 1,5°C.
L'écart entre ces deux courbes n'est pas un détail technique. C'est le cadre dans lequel toute organisation qui conçoit, commande ou déploie des solutions numériques va opérer dans les prochaines années.
Un autre chiffre mérite l'attention : 60 % de l'empreinte carbone du numérique en France est générée lors de la fabrication des équipements.
Autrement dit : ce n'est pas la consommation électrique des appareils qui pose le plus de problèmes environnementaux. C'est le fait d'en produire de nouveaux.
Cela change assez profondément la façon dont on doit penser la durée de vie des applications et l'obsolescence des terminaux.
Pour un DSI ou un directeur métier d'ETI ou de grand groupe, ces enjeux se traduisent de façon très concrète.
D'abord, la pression réglementaire est réelle. La directive CSRD oblige un nombre croissant d'entreprises à publier des données extra-financières vérifiées. Même si son calendrier a été ajusté en 2024-2025, l'obligation continue de remonter dans les chaînes de valeur. Si vous êtes concerné, vous aurez besoin que vos fournisseurs numériques soient en mesure de fournir des données fiables sur leur propre empreinte. EcoVadis est devenu, dans beaucoup d'appels d'offres, un standard de fait.
Ensuite, les équipes comptent. L'attractivité des talents est liée à la RSE plus directement qu'on ne le pense. Les personnes qui rejoignent BeTomorrow regardent notre démarche. Et peuvent partir si nous ne sommes pas cohérents. L'instabilité des équipes côté prestataire se paie cher côté client : en temps de montée en charge, en dette technique, en perte de contexte. Une équipe qui change tous les huit mois coûte plus cher au client que ce qu'il économise sur le TJM.
Enfin, le produit lui-même est concerné. Une application conçue sans considération pour la sobriété fonctionnelle sera plus lourde à maintenir, consommera inutilement des ressources, et sera plus difficile à faire évoluer. Ce n'est pas une question morale mais une question d'ingénierie.
Nous avons formalisé notre politique RSE en avril 2026, signée par Alexandre Ribeiro, notre dirigeant. Ce n'est pas la date de naissance de notre engagement, cela fait plusieurs années que nous travaillons sur ces sujets. Mais c'est la date à laquelle nous avons voulu nous donner des objectifs mesurables et un suivi rigoureux.
Nous avons réalisé notre premier bilan carbone en 2026, sur l'exercice 2024.
239t CO₂e. 8,9t CO₂e par collaborateur·rice.

Sans grande surprise pour une entreprise du numérique tertiaire, nos émissions sont très majoritairement indirectes. Trois postes dominent :
41 % : les achats de services (dont les logiciels en tête, à 35 tCO₂e à eux seuls)
20 % : les déplacements
19 % : les achats de biens et de nourriture
Un détail important est à relever également : 30 % des repas pris par nos équipes sont végétariens. Ce n'est pas une politique d'entreprise, c'est une culture. Et elle pèse déjà !
Ce bilan va nous permettre de définir une trajectoire de réduction sur les postes les plus significatifs, et d'établir un plan d'actions pluriannuel chiffré. Un atelier avec nos équipes est prévu le 22 mai 2026 pour le co-construire.
Nous avons obtenu la médaille de bronze. Ce n'est pas le niveau le plus élevé, et il reste des chantiers ouverts. Le dire, c'est notre façon de ne pas survendre.

Nous y avons adhéré en 2026, formalisant nos engagements sur les droits humains, les conditions de travail et les pratiques anti-corruption, dans nos opérations comme dans nos relations avec nos partenaires.

Depuis 2025, ce comité suit les indicateurs, ajuste les actions et remonte les alertes.
La RSE n'est utile que si elle change quelque chose dans le travail concret. Pour nous, ça passe par plusieurs pratiques.
L'écoconception fait partie des compétences que nous savons mobiliser. Le Référentiel Général d'Écoconception de Services Numériques (RGESN) fixe un cadre sur lequel nous nous appuyons.
Mais soyons honnêtes : nous ne prétendons pas faire de l'écoconception sur tous nos projets. Ce serait faux. Nous avons les compétences pour, nous les activons projet par projet selon le cadrage et le niveau d'ambition partagé avec nos clients. Notre cap pour 2027 : que ça devienne la norme par défaut, pas l'exception.
La sobriété fonctionnelle fait partie de nos échanges dès la phase de cadrage. Ce n'est pas toujours simple, il y a souvent une tension entre l'ambition du périmètre et la capacité à maintenir un produit durablement. Nous essayons de nommer cette tension tôt, plutôt que de la découvrir en run.
Nous croyons à la valeur d'équipes stables et engagées, à la fois pour nos collaborateur·rice·s et pour nos clients qui en bénéficient. Nos équipes projet sont in-house. Nous n'avons recours à des partenaires que de manière ciblée et résiduelle. Une équipe qui connaît le produit, le contexte, les décisions passées, c'est moins de gâchis, moins d'erreurs reprises, moins d'énergie perdue.
Nous ne comptons pas nous arrêter là.
Nous devons encore renforcer notre cadre éthique, notamment sur la formalisation de certaines politiques et procédures internes. Plusieurs chantiers sont en cours afin de structurer davantage nos pratiques et d'assurer un suivi plus homogène dans le temps.
Nous devons également franchir un cap sur les achats responsables. Une formation dédiée de notre responsable achats est prévue à l'été 2026, ainsi que la mise en place progressive d'un processus d'évaluation et de notation de nos fournisseurs sur des critères RSE.
Notre grille de rémunération n'est pas encore finalisée, même si elle est en cours.
Notre plan d'action carbone, qui sera co-construit avec nos équipes lors de l'atelier du 22 mai 2026, sera publié dans l'année.
Ces chantiers sont ouverts et nous avons choisis de tout de même les mettre en lumière.
Si ces questions font partie des vôtres, que ce soit dans le cadre d'une réponse à un appel d'offres, d'un reporting CSRD, ou simplement parce que vous voulez mieux comprendre l'impact de vos projets numériques, nous sommes disponibles pour en discuter.
Pas pour vous vendre une certification. Pour partager ce que nous apprenons, et comprendre ce dont vous avez besoin.
ADEME, Évaluation de l'impact environnemental du numérique en France, mise à jour janvier 2025 (données 2022) ecoresponsable.numerique.gouv.fr
Ministère de la Transition écologique, Évaluation prospective ADEME-ARCEP à horizon 2030 et 2050, 6 mars 2023 ecologie.gouv.fr
GIEC (IPCC), 6ème rapport d'évaluation — Rapport de synthèse (AR6 SYR), 2023 ipcc.ch